Définition technique
Le molybdène mesure la concentration de l’élément molybdène (Mo) présent dans l’eau du système de chauffage, exprimée en milligrammes par litre (mg/L).
Dans les systèmes de chauffage fermés, le molybdène est particulièrement important, car des composés à base de molybdate sont utilisés dans certaines formulations d’inhibiteurs de corrosion. Lorsqu’un inhibiteur à base de molybdate est ajouté à l’eau du système, une analyse élémentaire en laboratoire peut détecter le molybdène associé à ce traitement. L’ICP-AES, par exemple, est une technique d’analyse reconnue pour mesurer le molybdène présent dans l’eau.
Les données de laboratoire Fernox démontrent ce lien avec le traitement. Lors d’un essai publié de nettoyage du système, la concentration de molybdène est passée de pratiquement zéro dans l’eau de remplissage à 183.4 mg/L dans l’eau du système après le nettoyage et le traitement avec Protector F1. Fernox a décrit l’eau après traitement comme contenant des niveaux optimaux de substances de traitement de l’eau, en citant notamment le molybdène comme exemple.
Le molybdène est donc principalement utile comme indicateur lié au traitement, car il aide à déterminer si la chimie d’un inhibiteur contenant du molybdate est présente et si sa concentration correspond au traitement utilisé.
Définition simplifiée
Le molybdène est un élément souvent associé à certains inhibiteurs de corrosion pour systèmes de chauffage.
Mesurer la quantité présente peut aider à déterminer si le système contient le produit de traitement attendu et si ce traitement a pu être dilué, perdu ou dosé de manière incorrecte.
Le molybdène est important, car il peut fournir une indication utile de la présence et de la concentration d’une protection anticorrosion à base de molybdate dans le système de chauffage.
Les résultats de laboratoire publiés par Fernox classent la concentration acceptable en molybdène comme « Dépend du traitement », plutôt que de fixer une limite universelle de réussite ou d’échec. En effet, la concentration attendue dépend du produit inhibiteur et du dosage présents dans le système.
Un résultat faible ou inattendu en molybdène peut indiquer :
Une quantité insuffisante d’inhibiteur à base de molybdate dans le système.
Une dilution du traitement due à des appoints répétés d’eau fraîche.
Une perte d’eau traitée due à une fuite, à une vidange ou à des travaux d’entretien.
Un système qui a été rempli à nouveau sans recevoir le bon dosage.
Un dosage initial incorrect du traitement.
Un changement de la composition chimique du traitement depuis la précédente analyse de l’eau.
L’utilisation d’un inhibiteur qui ne contient pas de molybdate, auquel cas un résultat faible en molybdène peut être tout à fait normal.
Un résultat anormalement élevé en molybdène peut indiquer :
Une forte concentration d’un produit de traitement contenant du molybdate.
Un surdosage par rapport au niveau de traitement prévu.
Des variations de concentration résultant de l’historique de remplissage ou de traitement du système.
L’utilisation d’un produit chimique contenant du molybdate différent de celui prévu.
Il est important de maintenir la bonne concentration d’inhibiteur de corrosion, car une protection insuffisante peut entraîner la progression de la corrosion des composants métalliques, ce qui peut contribuer à :
La formation de boues de fer et de magnétite.
La corrosion des radiateurs, des tuyauteries et des échangeurs de chaleur.
Une augmentation des produits de corrosion dissous et en suspension.
Des zones froides dans les radiateurs et une circulation réduite.
L’encrassement des pompes, des vannes et des échangeurs de chaleur.
Une baisse de l’efficacité du système de chauffage.
Des fuites et une défaillance prématurée des composants.
Le dosage du molybdène peut donc être particulièrement utile pour déterminer si le traitement inhibiteur connu est toujours présent à une concentration appropriée. L’essai publié par Fernox a montré une augmentation importante du molybdène après le traitement Protector F1 et a associé ce résultat à des niveaux optimaux d’espèces de traitement ainsi qu’au respect des recommandations de Fernox.
Le molybdène doit donc être pris en compte avec des paramètres tels que le molybdate, le pH, le fer, le cuivre, l’aluminium, la conductivité, les matières en suspension et d’autres mesures liées aux inhibiteurs lors de l’évaluation de la protection du système.
Le molybdène ne doit généralement pas être évalué isolément. Son importance dépend fortement du produit de traitement utilisé dans le système de chauffage.
Une faible concentration de molybdène ne signifie pas automatiquement que le système n’a pas été traité. Certains inhibiteurs de corrosion utilisent d’autres composants chimiques et peuvent contenir peu ou pas de molybdène. À l’inverse, un résultat élevé en molybdène peut être tout à fait normal en présence d’un traitement à base de molybdate correctement dosé. Fernox indique donc que le niveau de molybdène recommandé dépend du traitement.
Il est également important de distinguer le molybdène et le molybdate :
Molybdène (Mo) indique la quantité de molybdène élémentaire détectée par le laboratoire.
Molybdate (MoO₄²⁻) désigne l’ion chimique complet contenant du molybdène et de l’oxygène.
Les deux valeurs sont donc liées, mais ne sont pas numériquement interchangeables. Lorsque le laboratoire communique les deux champs, il faut tenir compte de leurs unités et du calcul analytique avant de comparer les résultats.
L’interprétation la plus utile s’obtient en comparant le molybdène au produit inhibiteur et au dosage connus, aux résultats des tests précédents, au résultat de l’analyse de l’eau de remplissage et aux autres indicateurs de corrosion.